Le nouveau ministre de l’Intérieur a reçu, le 21 mars, les associations de défense des victimes de la route. Et confirmé l’orientation répressive de la politique de sécurité routière. On pourrait même voir imposer le gilet airbag moto !
Face à l’augmentation de la mortalité routière durant les premiers mois de l’année, Claude Guéant, le nouveau ministre de l’Intérieur, a convié les associations de victimes de la route au ministère. Limiteurs de vitesse, généralisation de l’airbag motard, plaques d’immatriculation plus visibles… sont autant de propositions qui ont « intéressé » le ministre.
Lors d’une réunion sur la sécurité routière, le 21 mars au ministère de l’Intérieur, à Paris, Claude Guéant s’est fait le porte-parole des associations de victimes de la route. Il a défendu une politique basée sur la répression, soutenue et accréditée par la force de l’émotion que suscitent les accidents. Dommage qu’aucune association d’usagers, qu’ils soient automobilistes ou motocyclistes, n’ait été conviée à émettre des propositions.
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La question des motocyclistes a pourtant été évoquée par les associations. « Plusieurs mesures ont été envisagées, confiait le ministre lors d’un point presse succédant à la réunion. Par exemple, pour utiliser les ressources de la technologie, qui est très utile en matière de sécurité routière, nous pensons aux limiteurs de vitesse. Nous envisageons également un programme visant à doter les motards d’un blouson airbag. » Enfin, ultime option de Claude Guéant, « proposer une modification des plaques d’immatriculation pour qu’elles soient plus visibles ». Tiens, tiens, on en revient aux radars…
Interpellé sur la légitimité de la circulation inter-files, et de la répression excessive des forces de l’ordre depuis quelques semaines, le ministre a botté en touche : « Je ne suis pas assez compétent, à ce stade, pour me prononcer là-dessus. » Claude Guéant s’est voulu rassurant, auprès d’associations qui « demandent que l’on maintienne le cap, que la sécurité routière demeure une mesure prioritaire pour le gouvernement ». Qu’elles se rassurent, leur vœu sera exaucé !
Le ministre a ainsi annoncé « des opérations de grande ampleur ». L’objectif est de lutter en particulier contre la vitesse excessive ou l’absorption d’alcool ou de stupéfiants avant de prendre le volant. Ces opérations seront menées par la gendarmerie, la police, la douane, et même… l’inspection du travail !
D’ores et déjà, « un certain nombre de directives a été donné aux forces de l’ordre pour accentuer les contrôles en véhicule banalisés, et en tenue civile, précise Claude Guéant, afin que la peur du gendarme puisse conduire à des comportements plus vertueux ». Selon le ministre, il s’agit de créer « une nouvelle culture de la conduite automobile ».
Mille radars devraient être implanté avant les élections de 2012, dont 400 d’ici à la fin de cette année. Les mêmes que promettait déjà Brice Hortefeux, son prédécesseur, en début d’année 2011. Seule nouveauté : « Les gendarmes et les policiers seront munis de radars de nouvelle génération (embarqués, ndlr) permettant de contrôler les automobilistes dans le flux de la circulation depuis un véhicule en mouvement. »
Une nouvelle fois, un ministre chargé de la sécurité routière propose la peur du gendarme comme remède aux accidents. Alors qu’il serait intéressant que les Français aient peur d’avoir un accident. A l’heure où la politique au radar montre ses limites, avec des chiffres de mortalité qui s’envolent, Claude Guéant s’accroche aux branches des fidèles de la répression routière, pour redonner un coup de fouet à une politique répressive qui s’essouffle.
Frédéric Brozdziak - 22/03/2011
Le 6 mai 2012, les Français ont choisi François Hollande comme président de la République, avec 51,6 % des suffrages. Quel impact sur la sécurité et la circulation routières ? Le fait que l’élu roulait en scooter jouera-t-il sur ses décisions ? Début d’analyse, à chaud…
Téléphoner au volant, une pratique de plus en plus banalisée. L’IFOP vient de publier un sondage sur l’utilisation du portable en conduisant, dans le cadre professionnel. Le résultat est édifiant.
Fin février 2012, la Sécurité routière remettra sa feuille de route sur la mise en place des limiteurs s’adaptant à la vitesse autorisée (Lavia) à Nicolas Sarkozy. Un mois avant la remise de ce rapport, la polémique gronde déjà...
On le redoutait, et on avait raison : l’obligation de porter un brassard rétro-réfléchissant est annoncée, ce 4 janvier par le ministre de l’Intérieur. Un arrêté daté du 3 janvier 2012 précise que son port sera obligatoire pour les conducteurs de 2-roues à moteur à partir du 1er janvier 2013.
C’est en ces termes que l’antenne de la Fédération française des motards en colère (FFMC) de la Nièvre titre son dernier communiqué de presse, en date du 23 novembre 2011. Les militants ont souhaité réagir face au mauvais traitement dont les motards accidentés font souvent l’objet dans les médias locaux et de la part des pouvoirs publics.