Moto Magazine : Comment voyez-vous l’obligation, dans certains départements, du port du masque pour les 2-roues ?
Patrick Jacquot : Nous avons beaucoup de mal à comprendre cette décision qui pourrait se traduire par une augmentation du nombre d’accidents. Nous savons toute l’importance d’un champ de vision dégagé à moto. Non seulement la moto va là où porte le regard mais ce travail du regard permet d’anticiper en balayant son environnement pour en déceler les éventuels danger. C’est pour cette même raison que nous sommes dubitatifs sur les nouveaux systèmes d’affichage « tête haute » dont on entend beaucoup parler depuis quelques années.

Nous craignons aussi que les utilisateurs de 2-roues se détournent de l’intégral - avec lequel le port du masque est très compliqué, voire impossible - au profit du jet pour des questions de praticité et parce que le jet, mieux ventilé, limite l’apparition de buée. Cette obligation du masque va donc à l’encontre de ce que nous préconisons en tant qu’assureur mutualiste, à savoir privilégier l’intégral pour son meilleur niveau de protection.

MM : Comment, d’après vous, les préfectures et municipalités ont-elles pu prendre une telle décision ?
PJ : Je l’ignore mais c’est à la fois un manque de bon sens et une méconnaissance totale du monde du 2-roues. Je déplore aussi que personne n’ait pris le temps d’écouter ceux qui sont compétents pour prendre la parole sur la moto à savoir les motards eux-mêmes.

MM : Avez-vous mis en place des actions particulières par rapport à cette nouvelle obligation ?
PJ : J’ai donné des consignes à la direction de l’indemnisation afin qu’ils soient très vigilants sur l’accidentalité francilienne lors de la lecture des déclarations de sinistre. Si jamais nous constations que nos assurés pointent des problèmes de visibilité à cause du masque, nous alerterons vivement les autorités.
Le risque d’accident est loin d’être nul.

Patrick Jacquot, PDG de la Mutuelle des motards

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